Mon pas est plutôt hâtif. Mes doigts s'activent sur le coin de ma veste ... Stress. La rue me plait, malgré sa luminosité restreinte, son aspect "dangereusement" vide et son atmosphère tiède et sale. Mes chaussures frappent calmement le sol, le son variant selon les pavés. Joie. Je lève les yeux vers ces maisons anviennces, j'admire ... Les porches me donnent des idées ...
La Lune est levée haut, les étoiles sont invisibles, on les devine en rêvant un peu.
Je croise des inconnus, fixant leurs yeux, comme pour les espionner et qu'ils le sachent ... En abuser. Génés, ils détournent le regard, ne voulant se dévoiler, un peu, à cette *fourmi* inconnue. Toux éttoufées.
J'enfouis mon visage -- jusqu'au nez -- sous mon écharpe couleur saumon, fermant un court instant les yeux. J'aspire l'air à grandes bouffés, pour qu'il marque ma mémoire. Ne rien oublier. Ne rien gâcher.
Le portail ... Tout près ... Je l'observe en tapant les chiffres ... La cour comme il me l'avait décrit. Escaliers ... Plaisirs futurs ... L'inconnu m'entoure & m'attire ... Sa porte ...
Minuit deux.
Je frappe faussement, à peine ; pour ne pas être entendue.
Formalités polies.
Main sous le paillasson, puis tournant la clef, je rentre, hésitante. Je referme l'entrée, prenant soin d'éttouffer ce bruit de choc léger. J'arrange mes cheveux d'une main ... Je garde ma veste, la chaleur ambiante ne m'ayant pas encore envahie.
Euphorie douce, je souris à l'obscurité, ou à lui. A "nous" ...
Je tente d'apercevoir un semblant du décor dans lequel je me trouve plongée. Curiosité timide ... Les meubles, ainsi que tous les objets apparaissent en fantômes éclairés par la lumière jaune -- cassé -- de la ville.
Son odeur ... Je ne l'avais pas remarqué en entrant, respirant encore l'air lourd de l'extérieur ... Mes pensées se perdent un peu, mon coeur rythmé de ce bonheur "impossible". Impression étrange qu'il bouscule mes organes sous ses battements ...
J'ai une boule discrète à la gorge, et elle joue à se nouer, à s'immoboliser, tremblante ; pour finir en se dénouant.
J'avance de quelques pas, essayant de ne pas déranger le parquet, mais il gronde ... Je m'arrête, rêvassant qu'il est là ... A m'espionner ... Sourire. Je tâtonne et découvre peu à peu ces matières inconnues.
Excitation grandissante.
Mon souffle est calme... Le sien me suit-il ?
Je colle doucement mon oreille à la porte qui me semble être celle où il me guide ...
J'esquisse un sourire coquin. Rien.
J'entrouve timidement, tenant la porte d'une main, le cherchant vite des yeux.
Oh ...
Le lit blanc ...
Irréelement lumineux, fantômatique, immense, froid et abandonné ... Un peu surprise, je me détend pourtant assez rapidement ... Ôte mon manteau.
Soudain, sursaut ... Lui ...
Une de ses mains -- auxquelles j'ai souvent pensé -- sur mes yeux, l'autre épousant ma hanche ... Je résiste avec douceur & délice ...
C'est fait. Le moment dont nous avions rêvé souvent se déroule comme du papier à musique. Musique douce pour souhaits de bonheur ... Le temps nous appartient ... Nous nous offrons, l'un à l'autre, en quelque sorte ... Désir.
Pause. Je souhaite un temps sur arrêt, que cela dure ...
Les amants se touchent pour la première fois ...
Bouffées de chaleur ...
Respirations.
Envies.
Amour ...
Il m'embrasse l'oreille, tendrement, et murmure ...
*A suivre ...*







